Personnes âgées au volant : la bonne conduite

Personnes âgées au volant - la bonne conduiteAvec le vieillissement, le risque d’accident augmente. Dans quels cas et comment diminuer le risque ?
Les personnes âgées sont responsables de moins d’accidents que la moyenne des conducteurs. Mais des études montrent qu’à partir de 75 ans le risque d’accident par kilomètre parcouru augmente, sans toutefois atteindre le niveau des conducteurs de moins de 25 ans. Jusqu’à quand conduire ? Avec quelles précautions ? Nous faisons le point sur le sujet.

Une question d’autonomie
L’âge n’est jamais une contre-indication à la conduite, même si certains pays (Suisse, Danemark, Pays-Bas…) subordonnent le maintien du permis à un examen médical à partir de 65 ou 70 ans. En France, les pouvoirs publics ont choisi de favoriser la responsabilité individuelle. Il est vrai que, chez nous, nombre de personnes âgées habitent ou prennent leur retraite à la campagne et ne disposent d’aucun moyen de transport de substitution.

Le physique… et aussi l’attention
La vision se dégrade peu à peu au cours de la vie : la rapidité d’accommodation (loin/près) diminue, comme la vision de loin et la vision nocturne, le champ visuel (vision périphérique) se détériore lui aussi, tandis que la sensibilité à l’éblouissement augmente. L’audition se dégrade aussi : un tiers des personnes de 70 ans sont malentendantes.
Les maladies, dont la fréquence augmente avec l’âge (rhumatismes, hypertension artérielle ou diabète, etc.) et les troubles de l’attention et de la mémoire, qui ralentissent la perception du danger et émoussent les réflexes, sont aussi à prendre en compte. Enfin, les personnes âgées sont amenées à consommer beaucoup de médicaments dont certains peuvent avoir un effet sur la conduite. Elles doivent impérativement en consulter les notices et tenir compte des avertissements, surtout si plusieurs produits sont associés.

Des accidents bien spécifiques
Les accidents impliquant les personnes âgées résultent souvent de la mauvaise perception des dangers ou de l’altération des réflexes et des capacités. Ils se produisent généralement face à des situations “complexes” : ronds-points, grands carrefours, entrées d’autoroute, hors de l’environnement habituel de conduite. Ils interviennent aussi fréquemment en intersection, avec une mauvaise perception de la vitesse (parfois excessive) du véhicule prioritaire ou la non-perception de ce dernier due à des problèmes de mobilité de la tête (arthrose cervicale). C’est pourquoi, aussi bon que soit l’état de santé d’un conducteur âgé, on lui recommandera de consulter régulièrement un médecin, en particulier son ophtalmologiste, et, surtout, d’adapter au mieux sa conduite à ses réflexes et à ses capacités.

Des conseils et des stages
Depuis quelques années, la Sécurité routière propose des stages gratuits de remise à niveau avec l’association Laser. Les matinées sont consacrées à la théorie, les après-midi à tester ses connaissances sur le terrain avec un moniteur d’auto-école. Ces stages sont la façon la plus efficace de corriger les vieilles habitudes et de mettre en pratique les règles du Code de la route qui ont pu changer ces dernières années.
Enfin, la Prévention routière diffuse une brochure intitulée Les Seniors au volant afin de sensibiliser aux particularités de la conduite après 70 ans. Elle organise également des stages dans certains départements.

Responsabilité en cas d’accident ?
S’il existe une cause médicale avérée dans un accident, la responsabilité du médecin peut être recherchée, mais elle n’est généralement pas retenue car il n’a qu’un devoir d’information. Les seuls médecins qui peuvent décider de suspendre le permis sont les membres de la commission d’aptitude médicale départementale, saisis soit par le médecin traitant soit par la famille du conducteur concerné.

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