Assurance automobile

Assurance automobileLes tarifs vont baisser, c’est sûr. Mais les assureurs renâclent à s’engager plus loin.

En décembre 2003, Francis Mer, alors ministre de l’Économie et des Finances, déclarait lors des “Entretiens de l’assurance” qu’il souhaitait que les assureurs prennent en compte les bons résultats enregistrés durant l’année en matière d’accidentologie routière. Et cela, bien évidemment, à travers une baisse des primes sur les contrats automobiles.
Déjà, à l’époque, les assureurs lui opposaient la hausse des coûts de la réparation, ainsi qu’un renchérissement de celle-ci, à cause de la complexité accrue des véhicules. Des arguments battus en brèche par le Centre national des professions de l’automobile qui rappelait que ce coût n’avait progressé que de 4 % en 2003 et que l’âge moyen du parc français étant de 7,7 ans, toutes les voitures étaient loin d’être bardées d’électronique. Des chiffres quasiment inchangés en 2004, tant en ce qui concerne l’âge moyen du parc que l’augmentation du coût de réparation, qui s’établit actuellement à 4,1 % par rapport à 2003.
De leur côté, les mutuelles réunies au sein du Groupement des entreprises mutuelles d’assurances (Gema), dont la Maaf, la Macif, la Maif, la Matmut, ont annoncé qu’elles baisseraient leurs tarifs de 2 à 6 % en 2005. Même si certaines comme la Matmut ont choisi de favoriser exclusivement les bons conducteurs (ceux qui bénéficient déjà du bonus maximal de 50 %) en leur accordant des “bonus Matmut” pouvant aller jusqu’à 15 % sur leurs primes. Et cela quel que soit l’usage souscrit: affaires, trajet travail, promenade. De son côté, la Maaf avait appliqué dès janvier 2004 une baisse de l’ensemble de ses tarifs auto de 3 %. En 2005, ils baisseront encore et les sommes éventuellement perçues en trop en 2004 serviront d’à-valoir sur les primes de l’année suivante. La Maif, quant à elle, doit annoncer début janvier une baisse comprise entre 1 et 4 %.
Pour sa part, la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), qui regroupe en son sein les assureurs non mutualistes, (AGF, Aviva, Axa, Azur, Gan, Generali, GMF, Groupama, MMA) est bien plus prudente, annonçant une baisse moyenne de tarif de 2 à 3 % chez ses adhérents, en précisant que chaque société fera comme elle veut. En fait, toutes évoquent des baisses “ciblées” qui ne devraient pas intervenir avant le 1er avril 2005. Et d’essayer de démontrer qu’une fois encore elles vont être obligées de mettre la main au porte-monnaie, au motif que “la diminution du nombre de sinistres ne compense pas la hausse des charges”. Ainsi, les accidents de responsabilité civile devraient, selon les estimations, baisser de 3 % en 2004 contre 9 % en 2003, et de 1 % contre 12 % pour ceux qui entraînent des dommages corporels. Or, les accidents matériels pèsent pour 75 % dans la charge des sinistres. De plus, poursuit-on à la FFSA, le montant global versé pour l’indemnisation des accidents corporels lourds (ceux qui entraînent une invalidité de 100 %) a été multiplié par quatre entre 1995 et 2003, passant de 1 à 4 millions d’euros.
Reste que le marché de l’assurance automobile représente un chiffre d’affaires de 17 milliards d’euros, soit 45 % du chiffre d’affaires total de l’assurance de biens et de responsabilité. Un matelas -confortable qui ne devrait pas trop souffrir de ces baisses de tarifs modérées. Et méritées. En effet, la condition mise en avant par les assureurs pour consentir en 2005 à des baisses de tarifs était que la “sinistralité” routière continue en 2004 la décrue amorcée en 2003. Avec un recul de 12 % du nombre de tués enregistré de janvier à août 2004 par la Sécurité routière, elle est remplie. Aux assureurs désormais de tenir leurs engagements.

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