L’automobile embauche : les bonnes filières

L’automobile embauche - les bonnes filièresBonne nouvelle ! L’automobile recrute en ce moment, surtout dans le domaine de l’après-vente. Le CNPA annonce même un déficit de 25 000 personnes qualifiées pour les deux ans à venir. Même constat au Garac, l’école nationale supérieure des professions de l’automobile et du motocycle, puisque les offres d’emploi dépassent les demandes.
“En 2000, nous avons reçu 1 000 offres d’emploi pour 350 élèves diplômés, et cela sans compter les offres consécutives aux différents stages ou périodes d’apprentissage effectués par les élèves”, explique Catherine Rajalu, responsable de la communication du Garac.

35 heures et creux démographique
Contrairement à ce que l’on pensait, l’espacement des révisions n’a pas pour autant diminué les besoins en main-d’œuvre, car cela a été compensé par la reprise des immatriculations ces dernières années. A cela s’ajoute le passage aux 35 heures qui réduit les équipes des ateliers de réparation ou de carrosserie. “A cause de la loi sur la réduction du temps de travail, les réparateurs et particulièrement les artisans, qui fonctionnent en équipe réduite, doivent faire face parfois à des pics d’activité sans qu’il leur soit possible d’embaucher une personne de plus, car ils ne peuvent pas en assumer les frais fixes. Ils recherchent donc des intérimaires qualifiés qui puissent absorber le surplus d’activité, explique Valérie Bouillon-Delporte, directrice marketing du portail Internet Le Club Auto (*). Ce constat nous amène à réfléchir en ce moment sur la création d’un service d’intérim sur notre portail.”
De plus, la pénurie n’est pas prête de cesser puisque les professionnels de l’automobile prévoient dans les dix ans à venir beaucoup de départs à la retraite, alors qu’est constatée en parallèle une baisse démographique dans la tranche d’âge des 15 à 18 ans. “A la rentrée 2000, l’Education nationale comptait 50 000 jeunes en moins dans l’enseignement secondaire. Mais le déficit d’effectifs touche plus l’enseignement professionnel, puisque sur les 50 000 jeunes, on compte la moitié d’entre eux en moins pour les lycées professionnels alors que leurs effectifs ne représentent que 10 % du secondaire”, précise Catherine Rajalu.

Pas assez de jeunes qualifiés
Le passage aux 35 heures et le creux démographique n’expliquent pas tout. La main-d’œuvre qualifiée manque également pour réparer des véhicules de plus en plus complexes, notamment des électroniciens. Si le niveau d’un jeune diplômé d’un CAP ou d’un BEP suffisait il y a vingt ans pour réparer et entretenir les véhicules, ce n’est plus le cas aujourd’hui. “Le manque est tel que les entreprises sont obligées de recruter à tous les niveaux, mais quelqu’un qui n’a qu’un CAP sera limité et orienté vers les réparations simples en service rapide. Pour les diagnostics de pannes, on embauche au minimum des bacs professionnels”, explique Catherine Rajalu. Or, même à ce niveau, les compétences sont estimées encore insuffisantes. “Depuis que le brevet professionnel a été remplacé par le bac pro, les jeunes ne font plus que 20 % de mécanique, le reste est consacré aux matières générales. Leur niveau en mécanique est donc inférieur à celui de leurs aînés”, regrette Georges Bachelat, responsable de la formation à la FNAA (Fédération nationale du commerce et de l’artisanat automobile). Reste le BTS de maintenance et après-vente auto, seul diplôme satisfaisant réellement à la haute technicité que requiert le métier de mécanicien, mais il réclame cinq ou six années d’apprentissage pour une rémunération finale assez décevante. “Ce n’est pas en payant un électronicien 1 200 E par mois qu’on le garde, ajoute Georges Bachelat, surtout que les perspectives de progression sont faibles puisqu’un responsable d’atelier ne gagne pas plus de 1 550 E brut.” La tentation est grande alors d’aller voir ailleurs et notamment chez les équipementiers. “Nous manquons d’ingénieurs, notamment de spécialistes de l’électronique, c’est pourquoi nous engageons des gens qui sortent d’un BTS pour les former en apprentissage au métier d’ingénieur”, explique Jean-Marie Verleysen, chargé des ressources humaines pour Visteon France.
Le passage chez un équipementier reste la voie royale, réservée aux meilleurs étudiants. Pour les autres, il faut souhaiter que la forte demande de main-d’œuvre permette une revalorisation des salaires qui doperait les vocations, comme cela s’est produit dans le secteur des peintres carrossiers où les rémunérations ont été relevées d’environ 380 E en moyenne et atteignent désormais 1 550 E. Mais pour cela il faudra que le client accepte l’augmentation du coût horaire de la main-d’œuvre.

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